Ça donne le vertige... Par Georges Lariguet de L’APRÈS SAVOIE
Raphaël Glucksmann est donc vainqueur d’une primaire « social-démocrate » taillée sur mesure. Une primaire à péage, et à péage élevé, justement dénoncé par Ségolène Royal.
Certes, il ne s’agissait que d’une primaire social-démocrate, donc au périmètre très restreint par rapport à une vraie primaire de toute la gauche.
Mais il n’empêche... Ce péage a été délibérément imposé pour priver les personnes modestes, les plus pauvres d’entre nous, la grande majorité de la population, celles et ceux qui ne joignent pas les deux bouts ; de se mêler de ce qui les regarde : la désignation de LEUR candidat-e à l’élection présidentielle.
Glucksmann revendique la recherche d’accords au centre, et plus car affinités. (Il n’a pas d’autre solution pour émerger...) Son programme, à en croire les bribes qu’il en énonce laborieusement, n’est pas celui du NFP, loin s’en faut.
Les adhérent-e-s et les sympathisant-e-s du PS qui ont voté pour lui s’écartent donc du programme du NFP, l’accord politique qui a permis l’élection de 68 député-e-s du PS.
Ce faisant, ils affaiblissent sérieusement leur propre parti en réservant 14 % et 7 % à leur premier secrétaire et à leur ancienne candidate.
Et ils affaiblissent toute la gauche car le courant idéologique social-démocrate ancré dans notre histoire a toute sa place dans les débats sur la construction de notre avenir. (La social-démocratie ne se résume pas à l’image dégradée qu’en a laissée la politique désastreuse de Hollande)
Tout cela pour une candidature fluctuante au périmètre nébuleux. Quel gâchis !
120 000 votants. Belle victoire ! «Le patron de Place Publique a gagné une primaire, mais il n’a pas reçu mandat de toute la gauche, Loin de là !» (Pierre Jacquemain dans Politis)
120 000 votants ... contre 2,6 millions pour la primaire de 2007 remportée par Ségolène Royal, et 1,6 millions pour celle de 2017 gagnée par Benoît Hamon.
La distorsion de chiffres donne le vertige...
Mais venons-en à l’essentiel :
Le 11 octobre, c’est une primaire de toute la gauche qui était programmée, à l’initiative du FRONT POPULAIRE 2027 initié par Lucie Castets, proposée en 2024 comme Première Ministre par l’ensemble des formations du NFP.
La préparation était engagée, deux meetings ont eu lieu, ainsi que des réunions thématiques. Cette primaire rassemblait le PS, les Ecologistes, L’APRES, Debout!, GénérationS. Elle était à même d’accueillir les autres formations de gauche.
Un travail commun avait défini 8 priorités déclinées en un programme respectant les engagements du NFP, les complétant, les actualisant, les enrichissant, et base d’un accord entre les formations,
Combien d’élect-eur-rice-s potentiel-le-s à cette primaire de la gauche ?
Les 9 millions de 2024, plus celles et ceux qui les ont rejoint-e-s dans les intentions de vote ?
Les échanges respectueux entre les candidat-e-s à la candidature auraient suscité discussions, analyses, approfondissements ... supports d’un nouvel élan, de mobilisations, d’un grand débat national...
Mais la force principale de cette primaire aurait été le constat par les élect-eur-rice-s de l’accord entre tou-te-s les «pré-candidat-e-s» sur des valeurs essentielles, sur les priorités, sur les bases d’un même projet.
Que rêver de mieux pour susciter l’espoir, et en même temps la détermination, la volonté de s’engager concrètement pour la victoire ?
Ça donne le vertige...
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